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Coffret FRANCOPHONIE 2005

 

Coffret FRANCOPHONIE 2005

Date de sortie   1 février 2005
 

Pour la huitième année consécutive, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie et le Conseil francophone de la chanson associent leurs efforts afin de permettre aux producteurs africains de supports sonores de se retrouver à l’occasion du MIDEM.


C’est une occasion unique de mettre en évidence les productions d’artistes du Sud et aussi de rencontrer d’autres producteurs du monde entier afin de mieux faire connaître les musiques de ce continent. Cet effort s’inscrit dans le projet plus ambitieux d’assurer la présence des artistes ainsi que de leur entourage professionnel dans les grands rendez-vous internationaux.

Chaque année, par ailleurs, nous produisons une compilation qui reflète l’état et la diversité des tendances en matière de création dans le domaine des musiques du Sud. Cet outil est attendu par le milieu professionnel et fait l’objet d’une large diffusion dans tous les continents grâce, en particulier, au réseau des radios partenaires de Francophonie Diffusion. Ce nouveau triple CD est prometteur et nous espérons qu’il saura éveiller votre curiosité. C’est une expression vivante de la diversité culturelle à laquelle nous sommes attachés, qui nous interroge quant à nos propres valeurs et qui nous incite à plus de tolérance, de respect mutuel et de solidarité.

La situation des supports sonores et audiovisuels connaît une crise très importante, consécutive à de nombreux paramètres, dont il faut relever la question du développement et de l’évolution rapide des technologies et de leurs effets, de l’engouement des jeunes pour les carrières artistiques qui conduit nécessairement à une multiplication de la création et à une certaine raréfaction des débouchés pour les productions sonores et audiovisuelles. Il ne faut évidemment pas sous-estimer l’importance du phénomène de la piraterie qui n’est en définitive possible que parce que, au-delà du discours, personne ne s’y oppose véritablement dans toute une série d’États aujourd’hui. L’industrie doit, elle également, procéder à un examen de conscience de ses propres stratégies tant d’un point de vue artistique qu’économique. Une autre question qui doit être posée est le fait que, tant dans les pays du Nord que du Sud, une part de plus en plus importante des populations de tous âges et de toutes conditions a tendance à penser que la musique de même que son accès sont gratuits. Tous les partenaires concernés par cette crise devront tôt ou tard se concerter et tenter de trouver ensemble de nouvelles réponses à ces phénomènes

Pour l’heure, les milieux professionnels, notamment sur le continent africain, doivent renforcer leurs compétences professionnelles, sortir de ces zones d’ombre pour simplement exister et être reconnus tant par les pouvoirs publics que par l’économie privée, se fédérer afin de se faire entendre et faire valoir leurs points de vue. Ils doivent, enfin, se voir garantir des droits minimums qui rendent possible l’activité professionnelle. Il y a, aujourd’hui, une urgence à cela et les réseaux internationaux tels que les nôtres sont prêts à apporter leur contribution et à travailler ces multiples questions avec les différents partenaires.



Jean-Marc Genier

Président du Conseil francophone de la chanson

 

Le mot de l'Agence:

Attention danger : piratage!

Par Roger Dehaybe, administrateur général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF).

L’un des bénéfices du débat mondial sur la préservation de la diversité culturelle, tel qu’il est engagé notamment à l’UNESCO, est d’avoir attiré l’attention sur la valeur économique de la culture. Plus spécialement, ce débat a mis en évidence la paralysie dans laquelle le «tout libéral» pourrait plonger les pays en développement, auxquels les règles du libre-échange interdiraient à l’avenir de pratiquer une politique culturelle garantissant leur identité et protégeant ce potentiel économique. Le risque est réel. Il est encore temps de le prévenir, en faisant aboutir les négociations sur la « Convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques », dont l’Assemblée générale de l’UNESCO devra se saisir, l’automne prochain. On sait le rôle joué par la Francophonie dans ce dossier capital. Son engagement se poursuivra jusqu’à son aboutissement.

Il est en revanche un danger tout aussi grave, mais beaucoup plus immédiat: celui que fait courir la piraterie à la production phonographique du Sud. Que fait le producteur de Bamako ou d’Abidjan, quand il voit les copies piratées de ses propres titres bradées dans la rue, à un prix inférieur au coût de revient de son produit ? Il lutte un temps, puis se recycle dans l’arachide ou va chercher fortune sous d’autres cieux. L’État sait-il quelles pertes fiscales il enregistre en ne remplissant pas sa mission de contrôle ? Il est de bonnes âmes pour s’accommoder des inconvénients de cette «économie» informelle, voire vanter les mérites de ces circuits parallèles, qui font vivoter tout un petit peuple de marchands. C’est oublier que le gros des bénéfices quitte le pays pour rejoindre l’escarcelle de ceux qui tirent à distance les ficelles de cette filouterie. C’est surtout oublier qu’une fois disparus les vrais professionnels de la production, il n’y aura plus rien à copier. Morte la poule aux œufs d’or ! Rayé des budgets ce secteur pourtant si fertile et si riche de promesses! Évanouie l’image si flatteuse que donne à un pays sa musique! L’Agence intergouvernementale de la Francophonie s’honore de lutter, à sa mesure, contre ce fléau. Année après année, elle permet par exemple aux producteurs phonographiques du Sud de se retrouver au MIDEM, d’où ils tirent de nouvelles ressources et où se débattent les moyens de cette lutte. Avec l’aide de l’OMPI, elle s’emploie à faire mieux respecter droits d’auteur et droits voisins. Mais le danger ne sera écarté que lorsque professionnels et autorités mèneront le même combat, les premiers en syndiquant leur profession, les secondes en assumant leurs responsabilités. Sur ce terrain aussi, l’Agence est prête à s’investir. Il y a urgence.


Disque A:

  • A1. Majid Bekkas (Maroc)
  • A2. Ballaké Sissoko (Mali)
  • A3. Nahawa Doumbia (Mali)
  • A4. Issa Bagayogo (Mali)
  • A5. Adama Yalomba (Mali)
  • A6. Alif Naaba (Burkina Faso)
  • A7. Awadi (Sénégal)
  • A8. FAC Alliance (Mali)
  • A9. Bil Aka Kora (Burkina Faso)
  • A10. Dia Dra (Burkina Faso)
  • A11. Mawa Traoré (Côte d’Ivoire) 
  • A12. Chantal Taïba (Côte d’Ivoire) 
  • A13. Vieux Ntoh (Cameroun)
  • A14. Amiss Trass (Mali)
  • A15. Giro (Nigéria)

 

Disque B:

  • B1. Djelimady Tounkara (Mali)
  • B2. Sekou Diabate (Guinée) 
  • B3. Gangbe Brass Band (Bénin)
  • B4. Aïcha Koné (Côte d’Ivoire) 
  • B5. Sa'Khare (Cameroun)
  • B6. Jex (Sénégal)
  • B7. Dakar All Stars (Sénégal)
  • B8. Gaston (Sénégal)
  • B9. Shaka Babs (Sénégal)
  • B10. Big-D (Sénégal)
  • B11. P. Wadda (Guinée)
  • B12. Degg J. Force 3 (Guinée) 
  • B13. H2O Assouka (Bénin)
  • B14. K-Sim (Bénin)
  • B15. Tim Winsé et le Wassamana (Burkina Faso)
  • B16. Konono N°1 (RD Congo) 

 

Disque C:

  • C1. Georges Farah (Liban)
  • C2. Hanine y son cubano (Liban)
  • C3. José Galvez & The National Orchestra
  • C4. Lura (Cap-Vert)
  • C5. Teofilo Chantre (Cap-Vert)
  • C6. Cordas Do Sol (Cap-Vert)
  • C7. Voz de Cabo Verde (Cap-Vert)
  • C8. Luc Donat (La Réunion)
  • C9. Charlésia Alexis (Archipel des Chagos)
  • C10. Jaojoby (Madagascar)
  • C11. Boinariziki & Soubi (Comores)
  • C12. Cheikh MC (Comores)
  • C13. Zong (La Réunion)
  • C14. Nitin Chinien et Zotsa (Maurice)
  • C15. Ras Ti Lang (Maurice)  
     



  

 

Artistes présents sur cette compilation :